Couverture du n° 122 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 122

André Dhôtel – Monde plein d’étincelles

 

 

Il serait difficile de trouver parmi les romanciers français du siècle dernier un romancier dont l’œuvre résonne en nous si proche et si étrange comme celle d’André Dhôtel (1900 – 1991). C’est peut-être parce que Dhôtel nous parle du sentiment de l’émerveillement. Un sentiment qui nous a été familier en tant qu’êtres humains depuis la nuit des temps et qui ne subsiste plus que sous les traits d’une profonde nostalgie. Dhôtel, par son immense œuvre (romanesque, poétique et essayistique), nous rappelle qu’aucune puissance ou science n’arrivera à éliminer le noyau dur de l’humain. S’émerveiller, semble suggérer Dhôtel, n’est pas seulement faire de la philosophie mais vivre le monde comme création. Dans ce numéro, Dhôtel revient en force (avec une quinzaine d’hommages), entouré d’illustres confrères comme Stendhal, Vargas Llosa et Ishiguro et, aussi, des critiques et des chroniques en léger décalage par rapport à l’air du temps.

Couverture du n° 122 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 122

André Dhôtel – Monde plein d’étincelles

 

 

Il serait difficile de trouver parmi les romanciers français du siècle dernier un romancier dont l’œuvre résonne en nous si proche et si étrange comme celle d’André Dhôtel (1900 – 1991). C’est peut-être parce que Dhôtel nous parle du sentiment de l’émerveillement. Un sentiment qui nous a été familier en tant qu’êtres humains depuis la nuit des temps et qui ne subsiste plus que sous les traits d’une profonde nostalgie. Dhôtel, par son immense œuvre (romanesque, poétique et essayistique), nous rappelle qu’aucune puissance ou science n’arrivera à éliminer le noyau dur de l’humain. S’émerveiller, semble suggérer Dhôtel, n’est pas seulement faire de la philosophie mais vivre le monde comme création. Dans ce numéro, Dhôtel revient en force (avec une quinzaine d’hommages), entouré d’illustres confrères comme Stendhal, Vargas Llosa et Ishiguro et, aussi, des critiques et des chroniques en léger décalage par rapport à l’air du temps.

Sommaire

SOMMAIRE

Couverture du n° 122 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 122

André Dhôtel – Monde plein d’étincelles

 

 

SOMMAIRE

Ouverture

Sylvestre Clancier, Approche de la lumière
Yves Lepesqueur, La conjuration des vivants – L’Honorable Monsieur Jacques
Philippe Blondeau, Faux héros, vrais personnages
Denis Grozdanovitch, Un anarchiste paisible
Peter Handke, Postface à la traduction de Bernard le paresseux
Florent Duffour, Une voie désaffectée de l’ère du soupçon – Le Train du matin
Patrick Pluen, Les merveilles de l’égarement
Jean Pierre Vidal, Les formes de vie à l’œuvre
Cécile A. Holdban, Régionaliste de l’imaginaire
Joël Roussiez, Pays natal, un art étonnant de l’infini romanesque
Jean-Claude Pirotte, Pli perdu
Michel Lamart, Lorsque tu reviendras – Un renoncement au roman ?
Joseph Soletier, Il n’y a rien dans la pensée
André Dhôtel, Biologie et politique
Eryck de Rubercy, Chemins qui mènent partout
Boniface Mongo-Mboussa, Les mots nus : Jaccottet et Dhôtel
Lakis Proguidis, S’émerveiller sans entraves
Dates et œuvres

À la une : Yann Brunel

Critiques
Charles Villalon, L’agneau qui n’enlève pas la beauté du monde – Klara 
et le soleil, de Kazuo Ishiguro
Raphaël Arteau Mcneil, Un essai éblouissant – La Beauté du roman, d’Isabelle Daunais
Alexandre Jordeczki, Les fantômes de Jean-Pierre Martinet
Baptiste Arrestier, Sur la trace de l’esprit – Lucien Lewen, de Stendhal
Massimo Rizzante, Vargas Llosa et Madame Bovary – Post mortem

À la une : Yannick Roy

Au fil des lectures
François Taillandier, Dans le jardin aux sentiers qui bifurquent

À la une : Marion Messina

 

Ouverture

OUVERTURE

Couverture du n° 122 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 122

André Dhôtel – Monde plein d’étincelles

 

 

On dirait qu’André Dhôtel (1900-1991) a écrit pour surprendre son monde. Il n’y a pas chez lui, comme l’exigeait son époque, la moindre trace d’avant-gardisme de bureau et encore moins le moindre indice permettant de l’intégrer dans le grand canon de « Flaubert – Proust – Céline ». Pourtant, c’est pour André Dhôtel que Jean Paulhan disait : « La postérité, malgré ses célèbres caprices, rangera un jour [ses] livres au seul rang qu’ils méritent : le premier. »

C’est Yves Lepesqueur qui a eu l’idée d’un numéro dédié à André Dhôtel. Infinis remerciements pour ses conseils, ses suggestions et son aide dans toutes les parties de cet hommage à un romancier qui ne ressemble à aucun autre.

En considérant l’œuvre de Dhôtel dans son immensité, ce qui étonne, ce qui fait sa beauté exceptionnelle, c’est le mariage insolite du fabuleux avec le banal et du miracle de l’amour et de la nature avec le train-train de la vie. Peut-on dire aujourd’hui que Paulhan a vu juste ? Qui sait ? Les voies de la création sont obscures. Elles ne s’illuminent qu’au fur et à mesure que les œuvres concernées entrent en dialogue avec notre monde.

C’est peu dire que Dhôtel a écrit des romans : il a créé un peuple.

Le romancier porte en lui son identité historique comme une inacceptable limitation, une claustrophobie de l’imagination, de la conscience. Il aspire par tous ses pores à sortir de ce Royaume du Je, par tous ses pores, c’est-à-dire, par tous ses personnages.
Romain Gary, Pour Sganarelle, 1965.

Un grand merci à Yann Brunel. Il a accueilli avec plaisir la sollicitation de faire partie de nos chroniqueurs. Il est l’auteur de deux romans qui s’éloignent complètement des sentiers battus, Homéomorphe et Quatre ou cinq vies d’Illya Grisov.

Les essais littéraires se font rares. Et encore plus rares sont les essais littéraires consacrés exclusivement à l’esthétique du roman, comme La Beauté du roman d’Isabelle Daunais, dont parle Raphaël Arteau McNeil dans ce numéro.

« Dans le jardin aux sentiers qui bifurquent », intitule François Taillandier sa chronique. Ne sommes-nous pas dans un tel jardin quand il s’agit de l’histoire de l’art du roman ? Une histoire universelle qui continue à s’écrire et dont chaque numéro de L’Atelier du roman représente une infime illustration. Des sentiers qui bifurquent. Par ici, nous allons vers Vargas Llosa (Massimo Rizzante), par là, vers Stendhal (Baptiste Arrestier), plus loin, vers Jean-Pierre Martinet (Alexandre Jordeczski) et de ce côté, vers Kazuo Ishiguro (Charles Villalon). Remarquons qu’il y a aussi dans ce jardin des sentiers faussement romanesques (Marion Messina).

Que Yannick Roy parle dans sa chronique d’un roman paru il y a huit ans (L’Homme surnuméraire, de Patrice Jean) est tout à fait dans l’ordre des choses : le calendrier atelieresque n’a rien à faire avec le temps qui coule.

Un monde plein d’étincelles pour des yeux ternis par les écrans.
L. P.