Couverture du n° 126 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 126

Alphonse Allais par très gros temps

 

 

Ce numéro est consacré au grand humoriste Alphonse Allais (1854-1905) parce que, en ces temps d’inquiétudes et d’incertitudes sur tous les fronts, son rire peut nous être bénéfique. Un rire qui n’est ni celui d’un moralisateur, ni d’un persifleur, ni d’un cynique. Alphonse Allais rit avec tout car le monde semble fait de telle manière qu’il nous est impossible, quoi que nous fassions, de dissimuler notre propension au ridicule. Le rire d’Allais n’est pas le contraire du sérieux ; c’est la quintessence de la sagesse. Il nous aide à réfléchir. Et à stimuler notre intelligence qui, comme on le sait depuis Aristote, est la seule intelligence qui rit.
Ce n’est pas un hasard si, par ces « trés gros temps », nous parlons aussi du Brave Soldat Chvéïk de Jaroslav Hašek, de Kaputt de Malaparte et de Solaris de Stanislas Lem. Dans le reste de la matière, on peut lire des pages sur Kafka, Adelheid Duvanel, Milan Kundera et Emmanuel Dongala.
Le décès subit de notre grand ami et collaborateur François Taillandier, au début de cet été, nous a profondément attristé. Nous publions ici sa contribution à l’hommage à Alphonse Allais, ainsi que quelques pages dédiées à sa mémoire.

Couverture du n° 126 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 126

Alphonse Allais par très gros temps

 

 

Ce numéro est consacré au grand humoriste Alphonse Allais (1854-1905) parce que, en ces temps d’inquiétudes et d’incertitudes sur tous les fronts, son rire peut nous être bénéfique. Un rire qui n’est ni celui d’un moralisateur, ni d’un persifleur, ni d’un cynique. Alphonse Allais rit avec tout car le monde semble fait de telle manière qu’il nous est impossible, quoi que nous fassions, de dissimuler notre propension au ridicule. Le rire d’Allais n’est pas le contraire du sérieux ; c’est la quintessence de la sagesse. Il nous aide à réfléchir. Et à stimuler notre intelligence qui, comme on le sait depuis Aristote, est la seule intelligence qui rit.
Ce n’est pas un hasard si, par ces « trés gros temps », nous parlons aussi du Brave Soldat Chvéïk de Jaroslav Hašek, de Kaputt de Malaparte et de Solaris de Stanislas Lem. Dans le reste de la matière, on peut lire des pages sur Kafka, Adelheid Duvanel, Milan Kundera et Emmanuel Dongala.
Le décès subit de notre grand ami et collaborateur François Taillandier, au début de cet été, nous a profondément attristé. Nous publions ici sa contribution à l’hommage à Alphonse Allais, ainsi que quelques pages dédiées à sa mémoire.

Sommaire

SOMMAIRE

Couverture du n° 126 de L'Atelier du RomanL'Atelier du Roman n° 126

Alphonse Allais par très gros temps

 

 

SOMMAIRE

Ouverture

François Taillandier, Une heureuse rencontre
Pierre Jourde, Pourquoi Allais aujourd’hui ?
Pascal Fioretto, Alphonse Allais et le service à poissons de la gloire
Marin de Tiry, Arrière, cousins !
thierry Gillybœuf, Allais-gories de l’art moderne
Jean Berthier, Allais akbar !
Gérald Sibleyras, À la gare comme à la gare
Alphonse Allais, Histoire peu croyable
Philippe Garnier, L’antidote oublié
Charles Villalon, Et Claude à la bonne paye
Patrice Charrier, Un rire prémonitoire
Cyril de Pins, Allais à l’agrégation
Nunzio Casalaspro, Allais, Mollah, Allais !
Lakis Proguidis, Melancolia
Dates et œuvres

À la une : Olivier Maulin

Critiques
Sylvie Richterova, Le pouvoir et le rire – Hašek, Kraus, Soljénitsyne
Patrick Corneau, La grandeur dans le dérisoire – Adelheid Duvanel, portrait d’une miniaturiste
Raphaël Arteau Mcneil, Une petite phrase du roman – Mal lunée, de Jules Fournier
Mikaël Gòmez Guthart, Stanisław Lem : la littérature comme exploration des ruines

À la une : Yann Brunel

Entretien
François Taillandier – Francesco Forlani

À la une : Yves Lepesqueur

De près et de loin
Adam Thirlwell, Kafka
Massimo Rizzante, Milan Kundera – Encore un testament trahi ?
Reynald Lahanque et François Taillandier, Auctorialités augmentées

Au fil des lectures
Boniface Mongo-Mboussa, Emmanuel Dongala sur les pas de Coltrane

 

Ouverture

OUVERTURE

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Alphonse Allais par très gros temps

 

 

La République des Lettres vient de perdre un de ses éminents citoyens : François Taillandier. Il l’a servie pendant un demi-siècle comme romancier, essayiste et chroniqueur. Il a toujours rappelé ses splendeurs. Et il n’a pas hésité, quand il le fallait, à révéler ses défauts et ses bassesses.
Et L’Atelier du roman vient de perdre un de ses plus chers amis et collaborateurs ; fidèle au poste dès les premiers numéros. De surcroît, il a soutenu L’Atelier dans tous ses moments difficiles. Et il y en a eu plusieurs. Mais les plus nombreux, et de loin, c’étaient les moments heureux – fumer, boire et défaire et refaire le monde plusieurs fois dans une nuit. Paix à ton âme, camarade.

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Alphonse Allais (1854-1905) est essentiellement connu pour ses chroniques et ses contes humoristiques. Aussi pour sa présence active dans différents groupes artistiques loufoques de sa « belle époque », comme « Les Fumistes », « Les Hydropathes » et « Les Hirsutes ». Grâce à son esprit ludique et sa plume burlesque, Allais a fait le bonheur non seulement de ses contemporains, mais de tous les gens de toutes les époques. Son rire est éternel. Son rire est le sel en absence duquel nos aliments artistiques, spirituels et intellectuels pourrissent.

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« L’attention est la ressource rare de notre époque. Or cet espace est le seul espace où la littérature du passé peut survivre. », écrit Yann Brunel dans sa chronique. Ce qui peut aussi se lire ainsi : revenir aux œuvres du passé – Patrick Corneau sur Adelheid Duvanel, Boniface Mongo-Moussa sur Emmanuel Dongala et Mikaël Gómez Guthart sur Stanislaw Lem – entretient l’« attention », cette « ressource rare de notre époque ».

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Alphonse Allais peut-il encore nous faire rire ? Ce n’est pas la bonne question. La bonne question est : Pouvons-nous encore rire avec notre monde, avec nos projets et avec notre confiance absolue en la science, comme l’a fait Alphonse Allais en son temps ? Celui qui parcourt rapidement les innombrables écrits d’Alphonse Allais saisit immédiatement ce qui fait sa valeur unique et inimitable. Son rire n’est pas le rire d’un moraliste persifleur, railleur, méprisant. Allais ne prend jamais l’homme de haut. Il est lui-même dans le bateau. Comme nous tous. Il rit de même avec les idiots et les savants, les ratés et les fortunés. Il rit avec lui-même. Son rire est le rire de celui qui sait viscéralement qu’aucune calamité n’effacera chez l’homme la joie de vivre.

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Nous publions, ce qui n’arrive pas très souvent, une excellente petite (par la taille) étude stylistique. C’est une surprenante lecture de l’univers de Kafka signé Adam Thirlwell.

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Aucun écrivain peut-être n’avait autant insisté que Milan Kundera sur la nécessité de respecter l’avis des écrivains quant à ce qu’il devait rester d’eux pour la postérité. Il a été trahi, avant de mourir même ­(Massimo Rizzante).

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La guerre est partout, et, par conséquent, dans les pages de L’Atelier du roman aussi (Sylvie Richterova, Olivier Maulin).

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La mécanique devint la religion nouvelle et elle donna au monde un nouveau messie : la machine.
Lewis Mumford, Le Mythe de la machine, 1966.

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À François Taillandier nous avons consacré deux numéros. L’un sur Anielka (no 24, décembre 2000) et l’autre sur La Grande Intrigue (no 71, septembre 2012). Nous publions ici son article sur Alphonse Allais – envoyé deux jours avant sa mort subite –, un récent entretien avec Francesco Forlani et un échange épistolaire avec son ami Reynald Lahanque.

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Les plaisirs de la communication sans présence physique sont partout et, par conséquent, dans les pages de L’Atelier aussi (Yves Lepesqueur, Raphaël Arteau McNeil).

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Ce spécial « Alphonse Allais » était une idée de Benoît Duteurtre, pour qui Allais représentait un de ses mentors. Nous avons mis en chantier ce numéro quelques jours avant sa disparition, en juillet 2024. Grâce à la présence assidue de Benoît dans les pages de L’Atelier depuis sa fondation en 1993, on peut dire qu’un peu de l’esprit d’Alphonse Allais circule toujours dans les veines de cette revue.
L. P.